Le Bâtiment

Carte postale ancienne montrant le moulin de Faverolles

Le "Moulin des Îles de la Motte", Au Bout du Pont, Faverolles-sur-Cher

 

Un peu d’histoire

Gravure d'époque de la Grande Crue à Chapelle sur LoireLe premier moulin a été construit entre 1810 et 1820, pour remplacer un moulin plus petit situé près du pont de Montrichard, en face du café « Le Passeur ». Mais la grande inondation de 1856, quand le niveau de la rivière dépassa d’environ une mètre les rives, causa d'importants dégâts. Il est possible que ce soit à cette époque que le meunier ait sagement décidé de construire un autre étage, plus haut et … plus sec. On peut voir la différence de couleur entre le tuffeau, plus pâle, du bâtiment original et le matériau plus commun, moins cher et d’une couleur plus jaune, utilisé pour l’extension.

Le moulin fonctionna pendant un bon siècle, jusqu’à 1917, quand de plus grandes entreprises, comme les Grands Moulins de Pantin mirent fin aux charmantes inefficacités du passé. Certains accusent la crise de 1929, mais Mme Chevalier est ferme: en 1927, quand elle est arrivée à Faverolles pour son mariage, le Moulin ne fonctionnait plus, mais avait été converti en usine à glace, qui fournissait en glace les boutiques locales et les glacières des plus nantis.

 

La seconde guerre mondiale

Pendant la seconde guerre mondiale, le Cher faisait partie de la ligne de démarcation entre la zone libre et la zone occupée. On parle de résistants passant sous le pont, cachés sous une épaisse couche de glace… Les Allemands avaient prévu de détruire le pont, ce qui heureusement n’a pas été réalisé. Mais apparemment des de tirs nourris ont été échangés d’une rive à l’autre : après la guerre, quelqu’un a décidé de convertir la rangée d’arbres qui bordait la route du moulin en pulpe a papier et en billets de banque. L’entreprise d’abattage d’arbres a dû abandonner le projet après avoir ébréché de trop nombreux outils à cause des balles logées dans les troncs.

 

Micafer & M. Lefèvre

Réproduction d'une plaque publicitaire MicaferPendant les années soixante (je ne connais pas la date exacte), la famille Chevalier vendit le Moulin à André Lefèvre, un industriel avec une formation d’ingénieur électrotechnique. Il possédait une affaire dans la région parisienne, et une autre usine dans la région de Bordeaux. L’usine de Faverolles était destinée à produire des fers à souder, sets de pyrogravure, chargeurs de piles, et autres appareils.

Cependant, malgré la fantastique conversion de trois étages bas de plafond (un moulin n’a pas besoin de grande hauteur sous plafond pour stocker des sacs de blé ou de farine) en deux étages, avec pour résultat des fenêtres coupées en deux par un plancher ou un plafond, le moulin fut rapidement trop petit. André Lefèvre dessina et construit l’usine, assembla les traverses dans le jardin, les mit en place sur une ligne de chemin de fer conçue à cet effet, et boulonna le tout.

Et maintenant, le plus fort. Pendant trois ans, André Lefèvre accumula des bidons d’huile vides en provenance des garages locaux. En bon ingénieur, il commença par mettre au point une méthode pour extraire le dernier centimètre cube d’huile qu’ils pouvaient encore contenir. Il utilisa ensuite ces 35,000 bidons pour créer une structure rigide mais légère autour de laquelle positionner l’armature du bâtiment et couler le béton. Résultat : une réduction d’environ 85 kilos par mètre carre, soit un total de 185 tonnes de béton, le contenu de 5 camions bétonnières économisé dans la construction du bâtiment. Impressionnant !

 

Bidons d’huile utilisés dans la construction de l’usine de Faverolles

Bidons d’huile utilisés dans la construction de l’usine de Faverolles

L’usine avait la désignation d’« usine fleurie de France ». Je ne suis pas certain de ce que cela recouvre exactement mais en tous cas, le résultat est superbe : tout autour du premier étage, le long de la terrasse de 200 m², les jardinières sont toujours là, et de temps en temps nous profitons encore de la floraison d’un iris ! Au rez-de chaussée, une jardinière orne le pied de chaque colonne. Dans le moulin, deux jardinières de 1m40 de large sont placées sous les fenêtres qui donnent sur la rivière ; il y en a d’autres encore autour de l’escalier, et partout ailleurs ou l’espace est suffisant. Madame Lefèvre avait peut-être plus à voir dans tout cela que Monsieur.

 

Les années soixante

Les années soixante et soixante-dix n’ont pas été faciles pour l’industrie occidentale. Rapidement les industries japonaises offrirent au public des biens de consommation de meilleure qualité, et beaucoup moins chers. Cette situation, ajoutée à la maladie, entraîna la fermeture de l’usine.

Le Café de la Plage à Faverolles pendant les années soixante

On danse le twist au Café de la Plage

 

La marina

Le propriétaire suivant était, lui aussi, un personnage, mais d’un genre différent, et il avait une excellente idée : une marina. À l’époque, la mode était de passer ses vacances sur une péniche. Montrichard était déjà connu pour le bal du weekend end, qui attirait régulièrement même les Parisiens. Cependant, le propriétaire n’avait pas pris en compte la logique de l’Administration. Il voulait accueillir des visiteurs arrivant en bateau, et les héberger dans des bâtiments construits sur pilotis. Mais le lit de la rivière est considéré comme inondable (ce qui est le cas, j’imagine, de la plupart des rivières), et le permis de construire fut refusé. Il devait déjà avoir dépensé l’essentiel du capital qui lui avait été confié par des amis investisseurs, si l’on en juge par ce qui arriva ensuite: il disparut et on n’entendit plus jamais parler de lui.

En son absence, les autres propriétaires ne pouvaient pas vendre, et peu à peu, la rouille et la ruine attaquèrent leur bien. Ils durent attendre 30 ans pour qu’il soit légalement reconnu que leur ex-partenaire avait déguerpi pour de bon.

Et c’est à ce moment que nous entrons en scène.

 

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